Transport

Aérien : les États africains relancent le pari d’un ciel ouvert, huit ans plus tard

jeudi, 25 juin 2026 16:10
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Aérien : les États africains relancent le pari d’un ciel ouvert, huit ans plus tard

Les pays africains tentent de donner un nouvel élan à la libéralisation du transport aérien sur le continent. Réunis à Lomé, au Togo, les ministres des Transports, du Tourisme, du Commerce et des Finances des États membres de l’Union africaine ont adopté, une déclaration destinée à accélérer la mise en œuvre du Marché unique africain du transport aérien (SAATM). Lancée en 2018 dans le prolongement de la décision de Yamoussoukro, cette initiative vise à ouvrir davantage les marchés aériens nationaux afin de stimuler les échanges, le tourisme et l’intégration économique. À ce jour, 38 des 55 États membres de l’Union africaine ont adhéré au SAATM.

 

La Déclaration de Lomé engage les États à lever les obstacles qui continuent de freiner le développement du secteur. Les signataires promettent notamment de supprimer les restrictions d’accès au marché, de réduire les taxes et redevances jugées excessives, de faciliter les procédures de visas et de contrôle aux frontières, mais aussi de renforcer les réseaux de fret aérien. Le texte prévoit également des investissements dans les infrastructures aéroportuaires, le développement des carburants d’aviation durables, la transformation numérique du secteur et le renforcement des dispositifs de sûreté et de sécurité aériennes.

 

Cette relance intervient dans un contexte favorable marqué par le redressement du trafic aérien africain. Selon les données de l’Association du transport aérien international (IATA) et de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), le trafic des transporteurs africains a progressé d’environ 10 % en 2025, porté par la reprise du tourisme international. Plusieurs plateformes consolident leur rôle de hubs régionaux, à l’instar des aéroports OR Tambo de Johannesburg et Jomo Kenyatta de Nairobi. D’autres infrastructures enregistrent également des performances notables, comme l’aéroport d’Abidjan, qui a dépassé les 2,5 millions de passagers, ou encore l’aéroport Blaise Diagne de Dakar, dont le trafic poursuit sa croissance.

 

Malgré ces avancées, le principal défi reste celui de l’application effective des engagements pris. Si la Déclaration de Lomé s’accompagne du lancement de l’Engagement de solidarité AFCAC 2026-2028 destiné à mobiliser des ressources financières et techniques pour soutenir le SAATM, aucun mécanisme contraignant n’a été annoncé pour imposer aux États le respect de leurs engagements. Plus de sept ans après le lancement du marché unique africain du transport aérien, nombre de pays n’ont toujours pas intégré ses dispositions dans leur législation nationale, freinant encore l’émergence d’un véritable ciel unique africain.

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