Sous la pression des sanctions américaines, le groupe pétrolier russe Lukoil a accepté de vendre la majorité de ses actifs internationaux au fonds américain Carlyle. Une transaction estimée à près de 22 milliards de dollars qui concerne aussi plusieurs pays africains où le groupe est présent depuis plus de deux décennies.
Le deuxième producteur de pétrole russe, Lukoil, a annoncé avoir conclu un accord de principe avec Carlyle Group pour la cession de la plupart de ses actifs à l’étranger, sous réserve de l’approbation du Trésor américain. Cette opération intervient alors que Washington a donné au groupe jusqu’au 28 février pour se désengager de son portefeuille international, dans le cadre des sanctions liées au conflit russo-ukrainien. Lukoil a précisé que l’accord porte sur la vente de sa filiale LUKOIL International GmbH, qui supervise l’ensemble de ses activités hors de Russie.
En Afrique, Lukoil est un acteur historique du secteur pétrolier, avec des opérations en Égypte, au Ghana, au Cameroun, au Congo, en Côte d’Ivoire et au Nigeria, principalement dans l’exploration et la production offshore. Le groupe détient notamment des participations dans des blocs pétroliers du golfe de Guinée, région stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial. Ces actifs africains, intégrés au périmètre de Lukoil International GmbH, sont donc potentiellement concernés par la transaction avec Carlyle, même si les modalités pays par pays n’ont pas été détaillées.
Au total, les actifs internationaux de Lukoil sont évalués à environ 22 milliards de dollars par les analystes et incluent également des participations majeures au Moyen-Orient, en Europe et en Asie centrale, à l’exception du Kazakhstan, explicitement exclu de l’accord. Si elle est validée, cette cession mettrait fin à l’expansion internationale de Lukoil, faisant de Carlyle un nouvel acteur clé de plusieurs projets énergétiques en Afrique. Le fonds américain, qui gère 474 milliards de dollars d’actifs, devra toutefois obtenir les autorisations réglementaires nécessaires, après que deux tentatives précédentes de reprise des actifs de Lukoil ont été bloquées par le Trésor américain.
