Le président camerounais Paul Biya a signé, le 2 octobre 2026, deux décrets habilitant le ministre de l’Économie, à conclure des accords de financement avec la BIRD et la BID. Les deux opérations représentent un montant cumulé de 559,85 millions d’euros, soit environ 367,2 milliards de FCFA, destinés à deux infrastructures routières capitales.
Le premier accord porte sur 347,5 millions d’euros, soit environ 228 milliards de FCFA, auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), institution du Groupe de la Banque mondiale. Cette enveloppe doit financer la réalisation du Projet du Corridor économique Douala-Bangui, un axe destiné à renforcer les liaisons routières et les échanges entre le Cameroun et la République centrafricaine. Le décret présidentiel habilite Alamine Ousmane Mey, avec faculté de délégation, à signer l’accord de crédit avec la BIRD.
Un accord à tempérament plutôt qu’un prêt classique
Le second financement est de 212,35 millions d’euros, soit environ 139,2 milliards de FCFA, auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour le Projet de réhabilitation de la route Douala-Bafoussam (PRRDB). La particularité de cette seconde opération tient à sa structure. Le décret ne parle pas d’un accord de crédit classique, mais d’un « accord de vente à tempérament » avec la BID. Dans le cadre de la finance islamique, ce mécanisme repose sur une opération commerciale avec paiement différé plutôt que sur un prêt rémunéré par des intérêts. De manière générale, la banque intervient dans l’acquisition ou le financement des actifs nécessaires au projet, puis les cède au bénéficiaire à un prix convenu, payable selon un échéancier déterminé à l’avance. Pour le projet Douala-Bafoussam, les 139,2 milliards de FCFA correspondent ainsi au montant de l’opération autorisée avec la BID ; ils ne doivent pas être assimilés automatiquement à un prêt conventionnel de même montant assorti d’intérêts.
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Cette nouvelle recherche de financements intervient alors que la dette publique du Cameroun atteignait 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit 44,2 % du PIB, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Ce niveau reste inférieur au plafond communautaire de 70 % du PIB fixé dans la CEMAC. La structure de l’endettement reste cependant largement concentrée sur l’administration centrale, qui représente 93,9 % de l’encours total. La dette extérieure constitue 64,5 % de la dette directe de l’État, tandis que la dette intérieure poursuit son repli.
Dans ce portefeuille extérieur, le Groupe de la Banque mondiale demeure le premier créancier multilatéral du Cameroun, devant la Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international, tandis que la Chine reste le principal créancier bilatéral. Les deux nouveaux accords envisagés avec la BIRD et la BID s’inscrivent ainsi dans une stratégie de financement extérieur de projets d’infrastructures, avec 367,2 milliards de FCFA supplémentaires à contractualiser si les accords sont effectivement conclus.
