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Cameroun : l’Etat prépare une émission obligataire de 175 milliards FCFA arrangée par Standard Chartered Bank

mercredi, 7 octobre 2026 13:37
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Cameroun : l’Etat prépare une émission obligataire de 175 milliards FCFA arrangée par Standard Chartered Bank

Le Cameroun s’apprête à lever 300 millions de dollars, soit environ 175 milliards de FCFA, sur les marchés internationaux. L’opération, adossée à une souche obligataire arrivant à échéance en 2033, doit contribuer au financement des priorités budgétaires et à l’apurement des arriérés de paiement.

 

La République du Cameroun prévoit une émission complémentaire (Tap) de 300 millions de dollars sur une souche obligataire internationale existante. D’un montant nominal initial de 850 millions de dollars, cette obligation affiche un coupon de 8,875 % et arrive à échéance en janvier 2033. Le recours à un Tap permet à l’État de mobiliser de nouvelles ressources en s’appuyant sur un titre déjà connu des investisseurs internationaux.

 

L’opération intervient dans le cadre du programme de financement de l’exercice 2026. Les ressources recherchées doivent notamment permettre de financer les priorités inscrites au budget de l’État et de poursuivre le règlement des arriérés de paiement. L’émission est arrangée par Standard Chartered Bank, tandis que Blend Finance et Horus Investment Group interviennent comme conseils financiers de l’État.

 

Une dette publique à 44,2 % du PIB

 

Cette nouvelle mobilisation intervient alors que la dette publique camerounaise atteignait 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, selon les données de la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Elle représentait alors 44,2 % du PIB, un niveau inférieur au plafond communautaire de 70 % fixé dans la CEMAC. L’administration centrale concentrait 93,9 % de l’encours, tandis que la dette extérieure représentait 64,5 % de la dette directe de l’État.

 

Le recours au marché international intervient parallèlement à la recherche de financements destinés aux infrastructures. Le 2 octobre 2026, deux décrets présidentiels ont notamment habilité le ministre de l’Économie à conclure des accords avec la BIRD et la Banque islamique de développement (BID) pour un montant cumulé de 559,85 millions d’euros, soit environ 367,2 milliards de FCFA. Ces financements doivent soutenir les projets des corridors Douala-Bangui, pour 228 milliards de FCFA, et Douala-Bafoussam, pour 139,2 milliards.

 

Une stratégie de diversification des financements

 

Pour le Trésor camerounais, l’émission complémentaire de 300 millions de dollars constitue donc une nouvelle source de financement au moment où les besoins budgétaires et d’investissement restent élevés. Le choix d’une souche existante vise également à s’appuyer sur un titre déjà présent sur le marché international et à renforcer la liquidité de la courbe obligataire du Cameroun.

Cette opération s’inscrit ainsi dans une stratégie combinant marché international, financements multilatéraux et marché domestique. Elle intervient alors que le budget 2026 repose sur d’importants besoins de financement, dont une partie doit être couverte par l’endettement. Pour l’État, l’enjeu sera désormais de mobiliser ces ressources tout en maîtrisant le coût et la trajectoire de la dette publique.

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