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Euro-obligations : les records de taux d'emprunt jamais observés en CEMAC

mardi, 19 mai 2026 05:09
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Euro-obligations : les records de taux d'emprunt jamais observés en CEMAC

Les émissions d’euro-obligations réalisées en 2025 par certains États de la Cemac ont atteint des niveaux de rendement inédits, dépassant parfois les 13 %. Selon la Banque mondiale, ces taux records reflètent la montée des inquiétudes des investisseurs face à l’alourdissement de la dette publique et au durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux.

 

Le Gabon et le Congo-Brazzaville ont émis en 2025 des euro-obligations à des niveaux de rendement jamais observés en Afrique centrale, illustrant la défiance croissante des investisseurs envers les économies les plus endettées de la CEMAC. Selon le rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne publié en avril 2026 par la Banque mondiale, Libreville a emprunté sur les marchés internationaux à un taux de 12,7 %, tandis que Brazzaville a atteint 13,33 %, des niveaux qualifiés par l’institution de Bretton Woods comme les plus élevés enregistrés dans la région.

 

Ces coûts de financement exceptionnels traduisent la détérioration des équilibres budgétaires et le durcissement des conditions d’accès aux marchés internationaux pour plusieurs États africains. Les investisseurs exigent désormais des primes de risque beaucoup plus élevées pour financer les pays dont la soutenabilité de la dette suscite des interrogations. Dans le cas du Gabon, la dette publique a atteint 81,9 % du PIB en 2025, selon la Banque mondiale, tandis que le déficit budgétaire s’est aggravé à 4,6 % du PIB, contre 3,3 % un an plus tôt. Cette trajectoire alimente les inquiétudes des marchés quant à la capacité du pays à stabiliser ses finances publiques dans un environnement international marqué par des taux d’intérêt durablement élevés.

 

Le coût des emprunts en hausse

 

Au-delà des cas gabonais et congolais, la Banque mondiale observe une transformation plus profonde du financement des économies africaines. Le coût moyen des nouveaux emprunts en Afrique subsaharienne est passé de 4,7 % en 2014 à 6,8 % en 2024, tandis que la maturité moyenne des dettes est revenue de neuf ans à 7,2 ans. En clair, les États africains empruntent désormais plus cher et sur des périodes plus courtes, ce qui accroît les risques de refinancement et renforce la pression sur les finances publiques. Cette évolution reflète une réévaluation structurelle du risque africain après les épisodes de défaut et de restructuration de dette enregistrés entre 2020 et 2023 dans plusieurs pays du continent.

 

Paradoxalement, malgré ce contexte plus contraignant, l’Afrique subsaharienne a enregistré en 2025 son plus important retour sur les marchés obligataires internationaux depuis sept ans. Mais derrière cette reprise apparente, les écarts de taux montrent une fracture croissante entre les pays capables de rassurer les investisseurs et ceux perçus comme fragiles. La Banque mondiale cite notamment l’Angola, qui a réussi à lever des fonds à un taux de 6,14 %, soit près de deux fois inférieur à celui du Gabon, grâce à des efforts de consolidation budgétaire, une amélioration de ses réserves de change et une politique plus offensive de diversification économique.

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