Après un premier concours de 60 milliards FCFA accordé à la SNI, le gouvernement gabonais cherche à porter l’enveloppe de BGFIBank à 100 milliards FCFA. Une stratégie qui traduit le virage pris par Libreville pour financer sa politique de l’habitat autrement que par le seul budget de l’État.
Le besoin de financement est d’autant plus important que les crédits du ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre ont été fortement réduits en 2026. Selon Mays Mouissi, ministre gabonais en charge de ce portefeuille, interrogé par le magazine Economies Africaines dans son édition spéciale « Gabon 2026 », la dotation de son département est passée de 74,2 milliards à 19,3 milliards FCFA, soit une contraction de près de 74 % après la loi de finances rectificative.
Pour compenser cette baisse, le gouvernement mise désormais sur les financements bancaires. « Nous avons mobilisé, en substitution, deux financements bancaires majeurs : 60 milliards de FCFA accordés par BGFI Bank à la SNI, et 28 milliards de FCFA obtenus par la SOBEG auprès de Coris Bank, portant le total déjà disponible à 88 milliards de FCFA », explique Mays Mouissi. Le ministre précise que des discussions sont en cours avec BGFIBank pour porter son concours à 100 milliards de FCFA soit 40 milliards de FCFA supplémentaires, ce qui porterait l’ensemble des financements bancaires à 128 milliards FCFA, hors partenariats public-privé.
Réduire la dépendance aux ressources budgétaires
Ce basculement marque un changement dans la manière dont Libreville entend financer ses politiques publiques. « L’objectif est de réduire notre dépendance aux seules ressources budgétaires », affirme le ministre, qui cite les concours bancaires, les investisseurs privés et les partenariats public-privé comme nouveaux leviers. L’enjeu sera désormais de transformer ces ressources mobilisées en projets immobiliers effectivement livrés, dans un secteur où le gouvernement affiche d’importantes ambitions.
En effet, cette stratégie doit accompagner la réforme foncière engagée par les autorités gabonaises. Le gouvernement vise 50 000 titres fonciers et avait déjà établi, au 22 juillet 2026, plus de 22 000 décisions de cession, dont plus de 10 000 par l’ANUTTC. Mays Mouissi reconnaît toutefois qu’« une décision de cession n’est pas encore un titre foncier » et fait de l’accélération de la Conservation foncière la prochaine étape. « C’est sur le nombre de titres effectivement délivrés aux familles gabonaises que nous devrons, au final, mesurer notre performance », dit-il.
