Le président gabonais presse son gouvernement d’accélérer les négociations avec le Fonds monétaire international afin de conclure un nouvel accord économique dans les prochains mois.
Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré vendredi que son équipe avait tenu des discussions avec les autorités gabonaises sur l'évolution macroéconomique et politique et sur la mise en œuvre des plans de croissance du pays. Les discussions ont mis en lumière les réformes en cours visant à améliorer la gestion et la gouvernance des finances publiques, et ont souligné la nécessité de politiques fiscales et financières prudentes pour préserver la stabilité macroéconomique au Gabon et dans la région, a déclaré le FMI.
A Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, a fixé un calendrier serré pour la conclusion d’un nouvel accord économique avec le Fonds. Lors du Conseil des ministres tenu le 27 février à Libreville, le chef de l’État a instruit le ministère de l’Économie d’accélérer les négociations afin de parvenir à une signature « au plus tard en mai prochain ». Pour les autorités gabonaises, cet engagement s’inscrit dans une stratégie visant à rétablir la crédibilité macroéconomique du pays auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux, dans un contexte régional marqué par un recours croissant des États d’Afrique centrale aux programmes de stabilisation appuyés par le FMI.
Dans cette perspective, une mission technique de l’institution financière internationale a séjourné au Gabon afin de procéder à une évaluation préliminaire de la situation macroéconomique et budgétaire du pays. Conduite par l’économiste Aliona Cebotari, cette délégation – qualifiée de mission « non officielle » par les autorités – a mené un travail de collecte de données destiné à préparer d’éventuelles discussions formelles sur un programme économique.
Cette mission s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés en novembre 2025 à Washington entre les autorités gabonaises et la direction du FMI, ainsi que des orientations adoptées lors du sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) tenu à Brazzaville en janvier 2026, où les chefs d’État de la région avaient été encouragés à renforcer leur coopération avec les institutions financières internationales.
Pour Libreville, l’objectif est de négocier un programme qui concilie discipline macroéconomique et priorités politiques internes. Le président Oligui Nguema a ainsi défini plusieurs lignes rouges devant encadrer les discussions, notamment la sanctuarisation des projets structurants validés lors de l’élection présidentielle d’avril 2025, la protection des ménages les plus vulnérables face aux ajustements économiques, ainsi qu’une rationalisation de la dépense publique.
