Le projet de loi de finances rectificative 2026 ouvre la voie à une nouvelle émission obligataire internationale du Gabon. L'opération, structurée autour d'un eurobond de dix ans arrangé par Société Générale, interviendrait dans un contexte de réajustement budgétaire et de reprise du dialogue avec les investisseurs.
Le Gabon prépare son retour sur le marché obligataire international. Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, adopté en Conseil des ministres le 22 mai et actuellement examiné par les parlementaires, fait apparaître dans son tableau de financement une opération de 857,85 milliards de FCFA, soit près de 1,5 milliard de dollars, sous la forme d’un eurobond à dix ans arrangé par Société Générale. Si elle est confirmée après le processus législatif, cette levée de fonds constituerait la plus importante émission souveraine du pays depuis 2021.
Le recours à Société Générale marque une évolution dans le choix des partenaires financiers du Gabon. Les précédentes émissions internationales avaient été conduites avec des banques anglo-saxonnes, notamment JP Morgan, Citigroup et Deutsche Bank. Cette nouvelle configuration intervient alors que Libreville cherche à diversifier ses sources de financement extérieur, dans un contexte budgétaire marqué par une révision à la baisse des dépenses publiques et du budget global de l'État, ramené à 5.495,2 milliards de FCFA contre 6.358,2 milliards initialement prévus.
À ce stade, les caractéristiques financières de l'opération demeurent inconnues. Les autorités n'ont pas encore communiqué sur le taux envisagé, le calendrier de placement, l'utilisation des ressources mobilisées ou les éventuelles garanties associées à l'emprunt. Ces éléments seront déterminants pour mesurer l'accueil réservé à l'émission par les investisseurs internationaux et son impact sur la trajectoire d'endettement du pays.
Cette opération intervient dans un contexte particulier pour la signature gabonaise. Le pays avait levé 800 millions de dollars sur les marchés internationaux en 2021 à un taux de 7 %, avant d'enregistrer un défaut partiel sur cette obligation en 2023 dans le contexte de la transition politique. Un retour réussi sur les marchés constituerait un indicateur de normalisation financière, alors que le gouvernement poursuit ses discussions avec le Fonds monétaire international et cherche à restaurer la confiance des créanciers. Les conditions de marché au moment de l'émission et la perception du risque souverain gabonais devraient toutefois jouer un rôle déterminant dans la fixation du coût final de l'opération.
