Banque

Guinée équatoriale : BANGE Bank capte près de la moitié du crédit bancaire au 1er trimestre 2025

mercredi, 21 janvier 2026 15:18
3 min de lecture
26,070 vues
1,383
391
Guinée équatoriale : BANGE Bank capte près de la moitié du crédit bancaire au 1er trimestre 2025

Au premier trimestre 2025, le marché du crédit bancaire en Guinée équatoriale a affiché des signaux contrastés, mêlant regain d’activité trimestriel et léger reflux en glissement annuel. Selon le rapport de la BEAC sur l’évolution des taux débiteurs dans la CEMAC, les banques du pays ont accordé 2 438 nouveaux crédits entre janvier et mars, contre 2 109 un an plus tôt. En valeur, l’enveloppe globale des nouveaux prêts s’est établie à 88,1 milliards FCFA, en recul de 1,55 % par rapport aux 89,5 milliards mobilisés au premier trimestre 2024, malgré une hausse marquée de 43,2 % par rapport au quatrième trimestre 2024.

 

Dans ce contexte, BANGE Bank s’est imposée comme le principal bénéficiaire de la dynamique du crédit, concentrant 48,18 % de l’offre globale, contre 31,37 % un an auparavant. Rapportée à l’encours des nouveaux crédits, cette part représente environ 42,4 milliards FCFA injectés par la banque publique équato-guinéenne sur les trois premiers mois de l’année. À l’inverse, la Société Générale de Banques en Guinée Équatoriale (SGBGE) a vu sa position s’éroder, sa part de marché tombant de 48,78 % à 36,53 %, tandis que les autres établissements — BGFIBank GE, CCEIBank GE et Ecobank GE — demeurent cantonnés à des positions marginales.

 

La structure sectorielle du crédit confirme une forte concentration au profit des entreprises, qui ont capté près de 89 % des financements bancaires. Les grandes entreprises ont absorbé à elles seules 72,2 milliards FCFA, soit 81,93 % de l’enveloppe globale, malgré un léger recul par rapport à 2024. Les PME, quant à elles, n’ont bénéficié que de 6,2 milliards FCFA, représentant 7,04 % du total, contre 9,4 milliards un an plus tôt, illustrant la persistance des difficultés d’accès au financement pour ce segment pourtant clé de la diversification économique. Les crédits aux particuliers progressent en revanche à 8,3 milliards FCFA, soit 9,38 % de l’offre globale, tandis que les administrations publiques et collectivités locales réapparaissent timidement sur le marché avec 0,4 milliard FCFA.

 

La physionomie des maturités et des coûts de financement traduit une prudence persistance des banques. Plus des trois quarts des crédits (76,49 %, soit 67,4 milliards FCFA) ont été accordés à court terme, contre 14,38 % à moyen terme et seulement 9,13 % à long terme, limitant l’impact potentiel sur l’investissement productif. Côté conditions financières, les taux effectifs globaux (TEG) moyens ont globalement progressé : 18,32 % pour les particuliers, 17,11 % pour les PME et 15,42 % pour les grandes entreprises, contre respectivement 17,37 %, 15,73 % et 9,57 % un an plus tôt. Cette remontée des coûts du crédit, conjuguée à la domination croissante de BANGE, dessine un marché du financement bancaire où la reprise bénéficie avant tout aux grands acteurs, dans un environnement encore contraint pour les PME et les projets de long terme.

Continuer la lecture

NEWSLETTER

Recevez nos dernières actualités économiques directement dans votre boîte mail.