Marchés

La BDEAC décroche sa première notation “Ba3” chez Moody’s

lundi, 24 novembre 2025 08:09
3 min de lecture
38,054 vues
1,827
761
La BDEAC décroche sa première notation “Ba3” chez Moody’s

Moody’s a annoncé le 21 novembre l’attribution de la première notation financière de la Banque de Développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), fixée à Ba3 avec perspective stable. Cette note, située dans le haut de la catégorie dite « spéculative », place l’institution à seulement deux crans de l’“investment grade”, seuil convoité par les émetteurs affichant un risque de crédit faible. La banque régionale basée à Brazzaville obtient ainsi l’un des profils financiers les plus solides de la CEMAC, un signal clé pour ses futures levées de fonds hors de la région.

 

Moody’s justifie cette notation par le rôle central de la BDEAC dans le financement des infrastructures régionales, le renforcement du soutien de ses États actionnaires à la faveur de l’augmentation de capital intervenue en 2023, mais aussi par la modernisation accélérée de ses mécanismes de gouvernance, de gestion des risques et de pilotage stratégique, engagée dans le cadre du plan “Azobé” couvrant la période 2023-2027.

 

L’agence estime que ces réformes doivent à terme permettre d’améliorer la qualité des actifs et la capacité de la banque à mobiliser des ressources externes, tout en soulignant la persistance du risque lié à la solidité financière des États emprunteurs de la sous-région. La perspective stable traduit une appréciation équilibrée : Moody’s considère que la BDEAC devrait poursuivre sa trajectoire de consolidation financière, malgré un environnement marqué par des conditions de liquidité exigeantes et la nécessité d’un rythme soutenu d’absorption du capital.

 

Cap vers les marchés internationaux

 

Cette première évaluation constitue un jalon déterminant dans la stratégie d’internationalisation des ressources financières de la BDEAC. L’institution cherche en effet depuis 2024 à accéder, pour la première fois, aux marchés mondiaux des capitaux afin de financer son Plan stratégique 2023-2027, dont le coût global est estimé à 1 700 milliards de FCFA. Limitée jusqu’ici au marché financier de la CEMAC, dont la profondeur reste modeste, la banque veut désormais diversifier ses sources de liquidité dans un contexte où les marges d’emprunt se resserrent sur les places régionales.

 

Réagissant à cette notation, le président de la BDEAC, Dieudonné Evou Mekou, a salué « une reconnaissance du travail de transformation et de modernisation profond que nous avons engagé depuis notre arrivée à la Banque il y a trois (03) ans ». Selon lui, cette étape déterminante ouvrira la voie à un accès plus compétitif aux marchés internationaux, permettant de mobiliser des ressources à des conditions plus favorables pour financer des projets structurants dans la sous-région.

Continuer la lecture

NEWSLETTER

Recevez nos dernières actualités économiques directement dans votre boîte mail.