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Mines : en RDC, Glencore sommé de rompre avec 1 540 sous-traitants

vendredi, 18 septembre 2026 09:59
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Mines : en RDC, Glencore sommé de rompre avec 1 540 sous-traitants

Alors qu’elles captaient jusqu’ici des marchés représentant un chiffre d’affaires estimé à plus de 5 milliards de dollars, 1 540 entreprises sous-traitantes de KCC et Mutanda Mining, deux actifs de Glencore en RDC, sont désormais menacées de perdre leurs contrats après une injonction de l’Autorité de régulation.

 

En République Démocratique du Congo (RDC), l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) hausse le ton face aux pratiques de sous-traitance des deux principaux actifs miniers de Glencore dans le pays. Dans une décision datée du 11 septembre 2026, elle ordonne à Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining (MUMI) de mettre fin aux contrats conclus avec 1 540 entreprises ne remplissant pas, selon ses constatations, les conditions légales d’éligibilité. Les deux sociétés sont des filiales du groupe suisse et opèrent dans la province du Lualaba. Glencore détient actuellement 70 % de KCC, aux côtés de Gécamines (25 %) et de l’État congolais (5 %), ainsi que 95 % de Mutanda Mining, les 5 % restants revenant à l’État.

 

1 540 sous-traitants sur la sellette

 

L’ampleur du constat ressort des listes communiquées par les deux groupes miniers à l’ARSP. Chez KCC, 1 427 fournisseurs et prestataires ont été recensés, dont 472 enregistrés comme éligibles auprès du régulateur contre 955 qui ne justifieraient pas des conditions requises. À Mutanda Mining, 1 133 fournisseurs ont été déclarés, parmi lesquels 548 sont enregistrés comme éligibles et 585 ne remplissent pas les critères retenus par l’ARSP. Au total, 1 540 entreprises sont donc concernées par l’injonction, soit près de 60 % des fournisseurs et prestataires recensés qui captaient jusqu'ici des marchés représentant un chiffre d’affaires estimé à plus de 5 milliards de dollars américains, selon les données communiquées à RFI par l’ARSP.

 

L’autorité de régulation leur demande non seulement de mettre fin aux contrats en cours, mais aussi de retirer les entreprises concernées de leurs fichiers de sous-traitants. La décision fait suite à une mission de contrôle menée les 23 et 24 juillet 2026 auprès de KCC et Mutanda Mining. L’ARSP indique avoir identifié des marchés attribués entre 2020 et 2025 à des entreprises qui, selon ses vérifications, ne remplissaient pas les conditions prévues par la législation congolaise sur la sous-traitance. Les contrats concernés devront ainsi être réexaminés par les deux opérateurs, qui ne pourront plus attribuer, renouveler ou prolonger de nouveaux marchés au bénéfice des entreprises visées jusqu’à leur éventuelle régularisation. La mesure intervient dans un secteur où l’accès des entreprises congolaises aux marchés des grands opérateurs miniers constitue depuis plusieurs années un enjeu majeur de politique économique.

 

Pour Glencore, l’enjeu dépasse toutefois la seule gestion administrative de ses fournisseurs en RDC. KCC et Mutanda constituent ses deux principaux actifs industriels dans le pays, où le groupe produit du cuivre et du cobalt, deux minerais stratégiques pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. En 2025, les deux opérateurs ont produit ensemble 247 800 tonnes de cuivre métal et 33 500 tonnes de cobalt contenu dans les concentrés et hydroxydes, selon Glencore. Le groupe affirme par ailleurs avoir investi plus de 8 milliards de dollars dans le développement de KCC et MUMI, deux actifs situés dans le Lualaba.

 

La décision de l’ARSP intervient ainsi à un moment où les actifs congolais de Glencore font l’objet d’un intérêt stratégique croissant. En février 2026, le groupe suisse a annoncé avoir conclu avec le consortium américain Orion Critical Mineral Consortium un protocole d’accord non contraignant portant sur la cession potentielle de 40 % de ses intérêts dans KCC et Mutanda Mining, pour une valeur d’entreprise combinée estimée à environ 9 milliards de dollars. Cette opération, qui reste soumise à plusieurs conditions, ne remet pas en cause à ce stade la gestion des deux actifs au sein du groupe Glencore. Dans ce contexte, l’injonction de l’ARSP place la conformité de la chaîne de sous-traitance parmi les enjeux auxquels le groupe et ses partenaires devront répondre dans l’un des principaux pôles mondiaux de production de cuivre et de cobalt.

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