Le bras de fer réglementaire s'intensifie entre l'État du Cameroun et l'opérateur de mobilité Yango. Par un communiqué officiel daté du 15 mai 2026, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a prononcé une série de sanctions à l'encontre de la multinationale et de six automobilistes. Le gouvernement les déclare « coupables en coaction, de la promotion de l'exercice du transport routier clandestin ». Les faits ont été formellement actés le 23 avril 2026 par les services techniques du ministère, en concertation avec les syndicats du secteur.
L'entité fait face à des mesures contraignantes. Le document ministériel lui accorde une mise en demeure de deux mois pour se conformer aux règles régissant le transport par taxi via les outils numériques. L'acte exige également « la suspension immédiate de sa plateforme de tous les véhicules ne disposant pas des documents administratifs requis », tels que la licence, la carte grise ou le permis de conduire. Sur le plan financier, Yango est condamné à verser une amende forfaitaire de 2,5 millions de francs CFA au Trésor public.
Le volet opérationnel de la sanction frappe directement le réseau de conducteurs partenaires de l'application. Six véhicules ciblés par leurs immatriculations font l'objet d'une immobilisation immédiate assortie d'une suspension de trois mois. Leurs propriétaires respectifs ont été identifiés par l'administration sectorielle et devront s'acquitter d'une pénalité individuelle de 500 000 francs CFA. Cette décision intervient alors que l'opérateur revendique 150 000 usagers mensuels et 6 000 emplois générés dans le pays depuis 2021.
Ce durcissement rompt avec la phase de normalisation entamée en 2023, marquée par l'octroi d'autorisations temporaires et des ateliers de concertation sur l'économie numérique. Face à ce qu'il considère comme un non-respect des engagements, le ministre des Transports a formellement invité « les transporteurs clandestins en général et ceux voulant opérer à partir des plateformes numériques en particulier à se conformer, sans délai » au décret d'octobre 2022 encadrant les professions de transporteurs routiers.
